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Florence le 26 Mars 2010 -

Désormais il n' y a plus de doute, la lipoprotéine (a), connue depuis plus de 30 ans comme la protéine qui, pour sa forte densité est impliquée dans la genèse des maladies cardio-vasculaires, joue un rôle de premier plan dans le développement de l'infarctus. Les données de l'étude ont été présentées au symposium « Connaître et soigner le coeur 2010 », organisé à Florence par le Centre national de lutte contre l'infarctus.

Au symposium de Florence, ont été présentées les preuves d'une étude publiée il y a deux mois dans le New England Journal of Medicine, conduite par un consortium de recherche appelé Procardis qui comprend des scientifiques de l' Institut Negri de Milan, du Wellcome Trust Center, de la Clinical Trials Service Unit d'Oxford, de la Karolinska Institute de Stockholm et de l'Université de Münster en Allemagne, qui concluent que les personnes ayant des niveaux plasmatiques élevés de lipoprotéine (a) ont un risque accru d'infarctus du myocarde.

C'est quoi la Lipoprotéine (a)?

La lipoprotéine a été découverte en 1963, mais jusqu'à présent, elle restait un "mystère" parce que l'on ne comprenait pas si ses propriétés thrombogène et athérogènes étaient la cause ou la conséquence des infarctus. La nouveauté qui émerge maintenant est le « rôle causal » de la lipoprotéine.

En effet, les niveaux plasmatiques de la Lp (a), étant différents d'individu à individu, résultent génétiquement déterminés (gène LPL). Le groupe d'étude Procardis a examiné le génotype de 16 000 sujets européens et a démontré que parmi les différentes variantes du gène, deux en particulier font augmenter le niveau plasmatique de la Lp (a). Une personne sur 6 est porteuse d'une de ces deux variantes dans son ADN, par conséquent, elle a des niveaux plus élevés de Lp (a) et un risque d'infarctus doublé par rapport aux sujets avec un génotype normal, les sujets porteurs des deux variantes ont un risque quadruplé.

Environ une personne sur 3 présente cependant, une valeur de la lipoprotéine (a) égale ou proche de zéro. Donc, pour les 70% restants la lipoprotéine (a) peut représenter un danger, d'autant plus si les sujets cumulent d'autres facteurs de risque comme l'hypertension ou le diabète. Aujourd'hui, nous avons tendance à considérer que les niveaux normaux de Lp (a) sont inférieurs à 20 mg / dl, alors que ceux compris entre 20 et 30 mg / dl sont à risque. Les valeurs qui justifient un traitement thérapeutique sont ceux supérieurs à 35 mg / dl.

Les données peuvent épouvanter, mais il y a des résultats encourageants sur les traitements pour réduire les niveaux de lipoprotéine dans le sang avec la L-carnitine, une substance endogène déjà connue.

Pour expliquer comment la carnitine agit sur la lipoprotéine (a) c'est le Dr. Mariano Malaguarnera du Département de médecine interne de l'Université de Catane qui s'y emploie. "Une alimentation attentive et l'exercice physique ne suffisent pas à réduire la lipoprotéine dans le sang et les options pharmacologiques, bien qu'efficaces, ont souvent des effets secondaires, comme celles à base d'œstrogènes (utilisée, entre autres, chez les femmes mais pas chez les hommes), de fibrates et de statines, qui peuvent provoquer des effets indésirables musculaires et parfois même augmenter les niveaux de lipoprotéine (a) au lieu de les réduire.

"Pour cette raison, la recherche s'est orientée vers d'autres traitements, tout comme l'assimilation de la L-carnitine, une substance naturelle présente dans l'organisme, normalement prise avec de la nourriture, donc à travers l'alimentation. "

Elle est présente surtout dans les muscles et sert de coadjuvant dans l'activité énergétique de l'organisme, parce qu'elle améliore la vascularisation. Elle a également des propriétés antioxydantes, c'est à dire, qu'elle réduit les radicaux libres et qu'un tel pouvoir est important parce que souvent la part la plus dommageable des lipides, du cholestérol et de la lipoprotéine (a) est dûe à l'oxydation de ces substances. "

Mais quels sont les résultats en termes d'efficacité et de tolérabilité de la L-carnitine?

"Les résultats préliminaires d'une série d'études qualifient la L-carnitine comme une nouvelle opportunité thérapeutique pour réduire les niveaux de lipoprotéine (a) chez les patients dyslipidémiques". Par ailleurs, elle a beaucoup moins d'effets secondaires, utilisé en combinaison avec d'autres médicaments. En résumé, la L-carnitine est une molécule avec une haute disponibilité, qui protège la cellule, a une action énergisante et une action sur les lipides et peut être utilisée seule ou en synergie avec d'autres médicaments pour avoir un pouvoir combiné sur les facteurs de risque cardiovasculaire.

Par exemple, dans une étude récente, la L-carnitine en combinaison avec la simvastatine a été un grand succès, surtout en comparaison avec les statines utilisées chez les patients atteints de diabète. "Le sujet diabètique est un sujet à risque élevé: disposer des médicaments qui agissent d'une part sur le métabolisme et d'autre part aident à améliorer le métabolisme glucidique, aidant ainsi à réduire le risque chez cette population" poursuit Malaguarnera.

L'association L-carnitine et simvastatine réduit significativement le glucose, les triglycérides, la Lipoprotéine et augmente le bon cholestérol qui "combat" le mauvais cholestérol , le facteur majeur de risque cardiovasculaire.

Le symposium de Florence, a donc non seulement apporté des nouvelles sur le nouveau killer du cœur, mais aussi sur son possible antidote: une aide contre les infarctus, non seulement médicamenteuse mais aussi naturelle, basée sur une substance déjà présente dans l'organisme.

Il est vrai que d'autres facteurs collaborent à l'apparition des maladies cardiaques et tout le monde sait combien une vie "paresseuse" et une alimentation grasse contribuent à en accroître les risques.