Escozul

Quand on parle de pathologies tumorales, les espoirs peuvent rapidement se transformer en amère déception. Préliminaire nécessaire avant d'affronter le cas de l'Escozul, le poison du scorpion qui serait en mesure de guérir le cancer qui est en train de secouer non seulement le milieu médical mais aussi les nombreux patients et leurs familles qui tentent de vaincre la maladie.

Escozul est le nom donné par une société pharmaceutique cubaine à un produit qui semblerait jouer une action anti-cancer. Le conditionnel est de mise puisque un tel effet n'a pas été certifié par des études scientifiques reconnues internationalement. Le produit, peut-on lire sur le site Internet (www.labiofam.cu), "peut être utilisé sur le patient dans le but d'améliorer la qualité de vie en raison de son effet analgésique, anti-inflammatoires et anticancéreux".

Escozul est une substance naturelle dérivée de venin de scorpion azur, typique des eaux des Caraïbes. L'histoire du médicament a commencé en 1985 lorsque le biologiste cubain Misael Bordier en a décrit les propriétés. Les médecins cubains soutiennent que le produit a des effets anti-douleur et anti-inflammatoires, en plus de représenter un coadjuvant en cas de cancer. C'est justement ce dernier point qui est le plus controversé. Dans la description du produit, Labiofam affirme: "Pour le moment, nous pouvons affirmer avec certitude qu'il n'a pas été constaté d'effets secondaires dans les cas traités par notre produit. La survie des patients ayant utilisé le traitement dans une période comprise entre 5 et 8 ans est de 15,63%. 89, 55% des cas en plus des patients traités maintiennent une bonne qualité de vie".

Au cours du dernier congrès international promu par Labiofam de la Havane, une session entière a été consacrée aux "évidences expérimentales dans les cultures cellulaires du carcinome du col de l'utérus. Effet cytotoxique sélectif du venin de scorpion endémique de Cuba rophalorus junceus".

Dans l'ensemble, la société Labiofam parle de 60 000 patients traités qui ont montré des améliorations sensibles en matière de survie, contrôle de la douleur et rémission de la maladie, en particulier dans les cas de cancer du sein, du cerveau, du poumon et du côlon. Cependant, ajoutent prudemment les spécialistes cubains, l'introduction de l'Escozul dans la thérapie antitumorale ne peut être associée dans tous les cas à l'abandon des traitements chimiothérapiques.

L'Escozul agirait en limitant l'angiogenèse, ou de la formation de nouveaux vaisseaux sanguins déterminée par la croissance de la tumeur, tout en inhibant la protéase, les enzymes cellulaires. La communauté scientifique se montre sceptique, arguant que l'absence d'études certifiés exclut la possibilité de vérifier l'action réelle du produit et que les améliorations ne soient pas dûes au traitement standard.

Le Dr. Carlo Pastore, interviewé par Clandestinoweb, a déclaré: "Parmi mes patients atteints de cancer à ce jour j'ai 10 patients qui assument l' Escozul, en utilisant la dose prescrite par des médecins cubains. Il difficile de dire si l'amélioration de leur état de santé dépend de l' Escozul puisqu'ils suivent également la chimiothérapie, l'hyperthermie et un traitement adéquat de support. Le patient qui prend l' Escozul depuis le plus longtemps le prend environ depuis deux mois, il est encore trop tôt pour pouvoir vérifier le diagnostic par imagerie le cours de la maladie".

Au-delà de la juste prudence scientifique pour les patients et pour ceux qui souffrent à leurs côtés il s'agit d'un ènième espoir d'un traitement du cancer qui semble avoir des caractéristiques miraculeuses, ce qui le rend objet d'une attention particulière. Un quotidien rapporte de réels voyages de l'espoir à La Havane pour acquérir le produit et publie le témoignage d'un homme de 40 ans qui s'est rendu au siège de la société qui produit l'Escozul pour tenter de sauver sa mère atteinte d'un cancer du poumon. La femme était atteinte d'un cancer du sein en 1990 et après 17 ans a eu une récidive: "elle se portait bien pendant17 ans, puis, en 2007, a fait une rechute au niveau du poumon. Après tout ce temps elle était sûre de s'en être sortie et les spécialistes ont confirmé qu'il s'agissait d'une métastase, c'est à dire les mêmes cellules tumorales de dix-sept ans auparavant. "

La femme a dû interrompre temporairement la chimiothérapie parce que son corps n'était plus en mesure de la supporter, et entre temps elle a commencé à utiliser le produit cubain: "Il y a trois semaines ma mère a commencé un traitement avec l'Escozul. Cinq gouttes sublinguales toutes les huit heures. La première réponse est le fait incontestable que ma mère a plus d'énergie, elle n'est plus alitée comme avant. Il est clair que je ne sais pas si cela est dû à la suspension de la chimiothérapie ou au médicament cubain. Nous avons également fait le prélévement pour les marqueurs tumoraux, mais nous n'avons pas encore eu les résultats, peut-être que par ces examens nous pourrions avoir une réponse plus fiable".