Luc_Montagnier 

le 5 janvier 2011

Le chercheur, symbole de la lutte contre le sida, choisit la Chine pour développer ses nouveaux projets. 

Luc Montagnier appartient aussi à cette liste de scientifiques affectés de la maladie dite "maladie de Nobel" qui, selon le Skeptic's Dictionary est une maladie qui touche certains lauréats du prix Nobel et qui les pousse à adopter des idées étranges ou scientifiquement infondées, généralement quand ils sont en âge avancé.

Après avoir promis un vaccin thérapeutique en 2008, cette "fuite" ressemble plus à un alibi qu'à un projet scientifique.

Si Montagnier, 78 ans, avait accepté une invitation à une série de conférences aux États-Unis, ou une retraite dorée à Cambridge, personne n'aurait bougé un sourcil. Le super-engagement de l'Université de Shanghai, comme s'il s'agissait d'une star du football en fin de carrière, montre la face la plus ignorée et contemporaine du géant asiatique: celle d'un grand séducteur des intellectuels américains et européens qui ne sont plus liés à leur pays.

Contraint à la retraite en France, Montagnier a déclaré de "fuir un climat de terrorisme intellectuel" et d'avoir obtenu des leaders de Pékin l'argent pour faire progresser les connaissances sur les virus encore inconnus. Et cette disponibilité financière sans limite de Chine, associée à une attraction irrésistible vers les expérience des autres traductibles en business, a fait prévaloir aujourd'hui le choix de Luc Montagnier . Il se peut que la Chine veuille plus acheter de la crédibilité internationale que du progrès.

Mais le résultat d'une ouverture sans précédent aux figures-clés de notre civilisation, conduira bientôt à l'objectif réel, destiné à changer radicalement le profil de la planète: la délocalisation et la migration de l'intelligence et le futur de l'humanité sera décidé non plus du côté de l'Atlantique, mais sur les rives du Pacifique. La raison en est claire. La Chine doit à l'imitation le succès qui en trente ans l'a transformée en "usine du monde" d'abord et en " locomotive de la croissance mondiale," ensuite. La Chine sait bien que le développement, pour être stable, a besoin d'innovation. L'objectif du Parti communiste est donc de "construire un pays plus novateur", en science, en technologie et en économie.

Transformer la Chine dans le "moteur mondial de la créativité dans ce siècle", comme indiqué par le gouvernement, est une entreprise sans précédent qui nécessite ceux que l'administration américaine a défini comme "nombres incroyables". La méthode choisie par Pékin pour brûler les étapes, privilégie la "quantité du pouvoir d'attraction extérieure" plutôt que "la qualité de la capacité de construction interne". Cela signifie que des ressources publiques sans précédent sont destinées à l'achat des cerveaux et des connaissances technologiques étrangères. Depuis 2006, la Chine détient le record de salaires les plus élevés pour les scientifiques, les universitaires, les cadres et les techniciens étrangers.

En 2010, elle a ajouté le record des financements pour recherche et les universités, à partir de la médecine et de l'énergie propre. L'Etat chinois, conscient du "déficit de fantaisie", due au manque de liberté, garantit les meilleurs bonus lié aux résultats, des logements plus avantageux et des allégements fiscaux pour les entreprises étrangères plus prolifiques sur le front des brevets. Alors que l'Occident est en déficit en coupant les fonds de l'instruction et de la recherche, la Chine investit sur notre propre "renonciation à l'innovation et à la formation". Les étudiants qui aspiraient à terminer leurs études aux États-Unis et en Grande-Bretagne se dirigent désormais vers Shanghai, Pékin et Hong Kong.

Si en 2009 les demandes de brevets en Chine étaient au nombre de 300 000, comparativement aux 480 000 des États-Unis, en 2010 elles étaient 520 000 et atteindront en 2015 les 2 millions. Le record des brevets est le dernier a être arraché au reste de la planète.

Les prix Nobel, non seulement pour la paix, arriveront vite en Orient et la Chine vise à devenir "la Silicon Valley des années 2000" pour se transformer et devenir la "capitale mondiale de l'innovation".