vaccin2


Le 14 mai 2011

Alors que Médecins Sans Frontières dénonce le manque de soutien des pays donateurs aux pays pauvres, la lutte contre le vih dans les laboratoires continue et semble s'approcher prudemment d'un tournant. Après des décennies d'échecs, un groupe de chercheurs de l'Oregon Health Sciences University de Beaverton a annoncé dans la revue Nature avoir réussi à mettre au point un vaccin en mesure de laisser dans l'organisme une mémoire pratiquement indélébile contre le vih. Pour l'instant, les expériences ont été réalisées uniquement sur des macaques rhésus, mais les résultats enregistrés chez nos lointains cousins ​​suggèrent aux scientifiques de commencer un essai chez l'homme. Pour la recherche et pour les malades, la nouvelle, au-delà des résultats cliniques - qui, espérons-le soient encourageants - est certainement très importante car elle marque le retour des Etats-Unis dans la recherche sur le vaccin contre le vih après que cette voie semblait avoir été abandonnée.

L'ingrédient secret du nouveau vaccin est le "Cytomégalovirus", un micro-organisme qui affecte presque tous les hommes sans symptômes spécifiques. Le nouveau système mis au point par les chercheurs prévoit d'utiliser ce virus comme vecteur pour apporter dans le sang certaines protéines spécifiques du VIH qui «enseignent» au système immunitaire à reconnaître «l'envahisseur». Cette sorte de «navette moléculaire", qui contient et transporte les gènes à la base du vaccin, a l'avantage de laisser une mémoire permanente dans le système immunitaire.

Dans le cas décrit dans la revue, le vaccin a été testé contre le SIV, un virus très semblable au VIH qui touche les singes. Les scientifiques ont ensuite vacciné la moitié d'un échantillon de macaques, suivis depuis plus d'un an. Seulement ceux qui étaient vaccinés ont réussi à maîtriser le virus SIV, qui n'est pas résulté détectable dans leur organisme, même en utilisant des techniques très sensibles. Les macaques ont donc réussi à contrôler l'infection jusqu'à faire disparaitre l'agent pathogène dans le sang. Un objectif qu'il est presque impossible à réaliser avec les thérapies d'antirétroviraux actuelles suffisantes pour contrôler le VIH, mais pas l'éliminer complètement.

"Nous avons travaillé sur ce vaccin - expliquent les chercheurs, dirigés par Louis Picker - pendant dix ans. Le "cytomégalovirus" que nous utilisons comme « transporteur » a l'avantage de ne pas causer de symptômes chez l'humain, mais reste à jamais dans le corps, ce qui influe probablement sur la capacité à maintenir la résistance au VIH pendant longtemps, parce que le système immunitaire est constamment en état d'alerte ".

Contrairement à celui-ci, les vaccins conventionnels se basent sur les vecteurs non-persistants et donc insuffisants pour maintenir le système immunitaire dans cet état d'alerte continue qui lui permet de déclencher une réponse rapide à la présence du virus. De toute évidence, des études supplémentaires sont nécessaires - même chez les humains - pour déterminer l'efficacité et l'innocuité de ce nouveau vaccin. "La prochaine étape - a conclu Picker - sera de tester le vaccin chez l'homme".