bourse-action

le 20 février 2012

Le nouveau antiviral de Gilead avait démontré son efficacité sur 100% des patients atteints d'hépatite C de génotype 1 qui n'avaient pas répondu au traitement initial avec l'interféron ( "null responders" ), la catégorie des patients atteints d'hépatite C les plus difficiles à traiter.

Malheureusement, à moins d'un mois de la fin des 12 semaines de traitement avec le GS-7977 associé à la ribavirine, 80% des patients ont présenté une rechute virologique en raison de l'émergence de résistances virales, dans la pratique, l'infection à réapparu.

C'est les nouvelles préoccupantes des données de l'étude ELECTRON de phase II, publiée tout récemment par Gilead, la société qui développe l'antiviral. Les données complètes de l'étude seront présentées le mois prochain à Seattle, lors de la Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI).

La mauvaise nouvelle, a eu un effet immédiat sur la bourse où le titre de la société californienne a perdu 14,58% en une seule journée. Il y a quelques semaines, suite à la diffusion des premières et positives données sur l'efficacité de la même étude, l'action avait gagné 10%. Maintenant, elle les reperd avec des intérêt.

Ce n'est certainement pas la fin du médicament, mais il sera nécessaire de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les patients les plus complexes. "Ces données donnent une réponse à une question importante sur l'utilisation du GS-7977 et de la ribavirine pour le traitement de patients infectés par le génotype 1 avec réponse nulle, car elles indiquent qu'il pourrait être nécessaire d'administrer des antiviraux à action directe en adjonction pour traiter efficacement cette population de patients, a expliqué le Dr Norbert Bischofberger, vice-président exécutif de la recherche et développement, et directeur scientifique. " Nous allons continuer à explorer une série d'approches thérapeutiques pour répondre à cette importante exigence médicale insatisfaite, y compris les combinaisons avec d'autres antiviraux oraux ."

Le GS-7977 est un analogue nucléoside de l'uridine qui agit directement sur la polymérase virale. Le médicament est devenu partie intégrante de la société après l'acquisition de Pharmasset qui eu lieu en novembre 2011 et a coûté 10,8 milliards de dollars, un montant astronomique qui ne peut s'expliquer que par l'énorme potentiel de cette nouvelle génération d'antiviraux. Le GS-7977 est le plus avancé et prometteur des antiviraux de deuxième génération développés pour l'hépatite C. Face à ces médicaments, en tout cas au moins sur une dizaine de molécules, il y a une attention presque spasmodique qui, du moins sur le papier, devraient garantir la possibilité d'une thérapie plus efficace, plus courte et sans la nécessité d'associer l'interféron, médicament efficace mais avec des effets secondaires que tous les patients ne sont pas en mesure de tolérer.

L'étude ELECTRON a inclus 35 patients atteints d'hépatite C de génotype 1 ( 25 naïves et 10 non-répondeurs ) traités avec le nouveau médicament associé à la ribavirine. Les données précédentes issues de l'étude avaient montré que le nouveau médicament, en seulement 4 semaines avait été en mesure de soigner 100% des patients infectés par le génotype 1 du VHC. Les nouvelles données ont montré que 6 des 8 patients non-répondeurs à l'interféron, pour lesquels les données de suivi étaient déjà disponibles, avait présenté une rechute de l'infection virale. On ne connait pas encore le résultat des deux autres patients, mais à deux semaines de l'arrêt du traitement ils allaient encore bien et sans rechutes virales..

Nous devons considérer que le génotype 1 est le plus fréquent et aussi le plus difficile à traiter et les "null responder " sont les patients les plus difficiles. Le problème des résistances, déjà connu des spécialistes, s'est cependant, manifesté dans toute sa gravité et sera donc mieux étudié pour mettre au point des stratégies thérapeutiques permettenant de mieux lutter contre ce virus.

Au contraire, comme on le sait, le nouveaux antiviral a été efficace chez 100% des patients de génotype 2 et 3, un peu plus faciles à traiter.

Les résultats des études encore en cours sur le médicament, conduites chez les patients infectés par le génotype 1, seront présentés dans les prochains mois. Les premières données disponibles, prévues pour le premier trimestre de 2012 seront celles de l'étude QUANTUM dans laquelle le médicament a été administré à 25 patients en association avec la ribavirine pour une période de 12 semaines. Les données suivantes, prévues pour le début du troisième trimestre, seront celles l'étude ELECTRON et successivement les résultats d'un bras de l'étude QUANTUM où la combinaison des deux médicaments sera administrée pour une période de 24 semaines.

Désormais, les scientifiques de Gilead devront mettre au point des nouvelles stratégies afin de minimiser le problème des résistances, en prévoyant des cycles plus longs et probablement en associant plus de médicaments et non seulement la ribavirine. C'est un signal d'alarme qu'entendront certainement les autres sociéts impliquées dans la lutte contre l'hépatite C, telles que Bristol Myers Squibb, Roche, Achillion Pharmaceuticals, Idenix Pharmaceuticals et d'autres encore.

La thérapie du VIH nous a appris beaucoup et nous ne devrions pas faire d'erreurs. Les personnes atteintes par l'hépatite C sont trop nombreux, 170 millions dans le monde, et elles attendent des traitements résolutifs en mesure de les mettre à l'abri du risque de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire, les deux résultates possibles de cette infection.