la santé confisquée

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Mercredi 22 mai 2002.

- Gérard Weidlich:

Deux prévenus sont malentendants, moi-même moniteur de plongée sous-marine, j'ai été atteint à une oreille. Je vais parler fort.

Je suis retiré de la police nationale.

Vous avez un malade au service des autres. Je ne comprends pas la présence des parties civiles à ce procès.

Je ne vais pas parler de la partie scientifique, ça a été largement démontré.

J'aurais pu devenir pompier, car j'aime mon prochain, j'aime sauver les gens. J'ai été maître nageur sauveteur, formateur, j'ai eu 19,5 sur 20 ce qui est le sommet de la notation.

Le médecin assermenté de la police le Dr Girard m'a dit: "Taisez-vous! vous ne pouvez pas avoir le sida, c'est pour les pédés!".

En 1985 j'étais chef de plage à la Palmyre, une plage dangereuse par les courants.

Un pêcheur ramène un homme. Je cours. Je fais mon boulot que je fais depuis 25 ans: bouche à bouche, massage cardiaque; il meurt d'un œdème pulmonaire.

Comme on est sur un banc de sable, la marée monte. Il n'y a pas d'hélicoptère. En une heure, le noyé est mal rasé, il y a un contact plaie à plaie. Il avait une charge virale élevée Le noyé m'a filé l'herpès explosif, le lendemain.

Le Pr Montagnier m'a dit que les noyés sont porteurs de tous les germes.

À cette époque il n'y avait pas d'embout de protection à valve anti-retour. C'est grâce à moi qu'il y a cela, et l'administration n'est plus responsable s'il n'est pas utilisé.

À l'époque je fais sais 72 kilos, j'étais un athlète. Après 17 ans de sida déclaré, entre l'hiver 85 et mars 86: champignons, herpès explosif, fatigue insurmontable. J'ai une photo, vous avez maintenant en face de vous un monsieur en bonne santé.

Quelqu'un qui a un sida déclaré et qui reprend du poids, ça n'existe pas. J'ai été à la Salpêtrière, je ne vais pas en parler [sanglots].

En 1986, je donne mon sang, je reçois une lettre me disant d'aller au centre de transfusion sanguine avec ma voiture.

Le Dr Bigot m'accueille assez froidement, sans doute car j'étais un des premiers. Elle me dit: "M. Weidlich, vous avez le sida.". Je pense aux 30% qui meurent. Père de famille, 4 enfants, grand-père. Je rentre à la maison tout de suite, c'est un mercredi. Mon épouse est là, je lui tombe dans les bras [sanglots], j'ai le sida. C'est mon épouse qui fait le rapprochement avec le noyé. Je dis: "Nous sommes mariés pour le meilleur et pour le pire, maintenant ça va être le pire".

Je vais voir mon médecin traitant qui est le Dr Causse, qui était à la barre ici. Il est impuissant, il n'y a rien

Dans le Nº1 du Panorama du médecin, suite à une réunion du laboratoire Wellcome: sur cet article, en 1987, grâce à un effort intensif et à des mesures d'urgence, l'AZT est accrédité: Jean-Pierre Mangeot président de Wellcome France, père de Philippe Mangeot, président d'Act Up.

suite et premier procès ici: http://lucadeparis.free.fr/infosweb/beljanski2002b.htm