Elmi Muller

16 novembre 2013- Les Etats- Unis sont prêts à se rebeller sur l'interdiction de la transplantation d'organes provenant de donneurs positifs au vih, un choix intelligent qui pourrait ouvrir la voie à une série de greffes d'organes entre patients infectés.

Le loi adoptée par la Chambre des Représentants des Etats- Unis le 12 Novembre, tente de mettre un terme à la limite d'âge de 25 ans pour le don d'organes infectés par le vih et incite le gouvernement à élaborer un ensemble de lignes directrices pour l'étude ultérieure des greffes dites " positif à positif ".
Les chercheurs soutiennent que ces procédures pourraient aider à faciliter la forte demande des donneurs d'organes aux Etats-Unis.

Plus de 120.000 personnes sont actuellement sur ​​les listes d'attente pour recevoir des nouveaux cœurs, des poumons, des reins ou d'autres organes - une liste qui inclut également les personnes vivant avec le vih qui, contrairement au passé, peuvent vivre plus longtemps grâce à l' administration des antirétroviraux et d'autres expériences médicales récentes. Environ un quart des personnes atteintes du vih sont également infectés par l'hépatite C, qui, dans sa forme la plus avancée, entraîne une détérioration progressive du foie, jusqu'à son déclin total et donc, une greffe est nécessaire.
" Il faudrait donner de l'espace à toute source potentielle de nouveaux donateurs qui nous est soumise ", a déclaré le chirurgien Peter Stock , de l'Université de Californie à San Francisco..

Le Sénat a adopté la loi en juin, connue sous le nom " HIV Organ Policy Equity Act " et on s'attend à ce que le Président Obama la signe à tout moment.
Mais ce type de greffe pourrait prendre un certain temps avant d'être effective et faire partie des procédures normales hospitalières.
Tout d'abord, il faudra mettre au point une série de directives médicales, éthiques et cliniques , à soumettre à l'attention du staff médical et des patients.
Ce type de greffe, cependant, n'est pas tout à fait sans précédent.
Elmi Muller, un chirurgien à l'Université de Cape Town en Afrique du Sud, a été un véritable pionnier de la greffe de rein "positif à positif" , en en effectuant près de 26 à partir de 2008.

«Je sentais que ces patients n'avaient pas beaucoup de choix , mais ils avaient beaucoup à perdre", indique Muller "J'ai trouvé la bonne solution , je pense "

Environ 20% de la population d'Afrique du Sud est infectée par le vih, et généralement ceux qui ont besoin de nouveaux reins ne sont même pas pris en considération pour la dialyse, et encore moins pour une greffe .
Avant que les antirétroviraux deviennent facilement disponibles dans ces territoires, de nombreuses personnes vivant avec le vih n'espéraient même pas pouvoir vivre à long terme.

Au cours des cinq dernières années, seulement deux des 26 greffes réalisées par Muller étaient négatives, ce qui ajoute du poids à sa thèse selon laquelle, dans la plupart des cas, les avantages de la procédure l'emportent sur les risques. Pourtant, il est nécessaire de continuer à faire progresser ces études sur l' innocuité et l'efficacité de ces greffes à partir de donneurs positifs au vih. Des aspects inconnus de ces procédures sont encore trop élevés pour pouvoir les considérer comme " sûres".

Il existe de nombreux et inquiétants effets secondaires tels que le phénomène appelé " superinfection ", qui est l'acquisition d'une seconde souche virale, portée par un organe d'un donneur positif au vih, chez un patient déjà infecté.
Il n'est pas encore clair comment les immunostimulants antirétroviraux pourraient interagir avec des médicaments anti-rejet administrés aux patients pour prévenir le rejet d'organes par le corps.

De grandes quantités d'immunosuppresseurs pourraient être nécessaires pour prévenir le rejet organique chez le destinataire de la greffe, déjà sous traitement antirétroviral. Certaines recherches suggèrent que les individus affectés par le vih montrent une plus grande propension à la manifestation phénomène de rejet après une transplantation d'organe. Malgré cela, cependant, les chercheurs semblent très optimistes et espèrent que de nouvelles études sur les greffes positif-à-positif à positif puissent produire des informations cliniques précieuses sur le fonctionnement du vih et de ses interactions avec le système immunitaire humain.