OMS

26 novembre 2013- La crise grecque fait des ravages, même à l'OMS.
L'Organisation mondiale de la santé a publié lundi dernier une étude sur les effets de l'austérité sur les systèmes de santé des pays en crise. Et dans la " case study " sur Athènes a posé entre les lignes une véritable bombe sociale : 50% des nouveaux patients atteints du vih dans le pays sont des personnes infectées par vih volontairement pour encaisser les 700 € par mois " d'aide" et d'avoir un accès privilégié à la fourniture de médicaments . Le tam-tam du réseau internet a évidemment diffusé dans tous les coins du monde l'analyse de l'OMS, dans laquelle étaient également stigmatisés le boom des suicides et les troubles neurologiques liés aux difficultés économiques nationales.

Dommage que l'OMS ait utilisé comme source certaines études douteuses d'associations ( sans base scientifique solide ) reprises par devoir de chronique et sans vérification par la revue « The Lancet ». Tant et si bien que ce mardi matin, avec une sensationnelle marche arrière, le porte-parole de l'organisation a démenti le rapport tout chaud sorti des presses: " Il s'agit d'une simple erreur typographique, quelques phrases malheureuses et le concept est sorti déformée - dit-il - il n'y a aucune preuve que l'augmentation des cas de vih en Grèce soit lié à des cas de personnes qui s'inoculent le virus pour des raisons économiques ".

La marche arrière, très gravissime pour la crédibilité de l'OMS, ne suffit pourtant pas à cacher les lourdes conséquences de l'austéritésur la situation sanitaire de la Grèce. Les gouvernants sous le regard du Parthénon, à vrai dire, prévoient que, après un an de chômage, tous les droits à l'assistance sont perdus. Chose qui, dans un pays où le taux de chômage des citoyens à 27% ( 59 % chez les jeunes ) laisse sans couverture sociale une partie importante des 11 millions d'habitants. Les patients vivant avec le vih, au-delà des péripéties de l'Organisation Mondiale de la Santé, ont triplé chez les hommes au cours de la dernière décennie en raison des programmes de prévention, en particulier parmi les toxicomanes, qui ont été réduits à néant pour maintenir les engagements budgétaires avec la Troïka européenne.

ici

 

 

 

 

L'Organisation Mondiale de la Santé sert-elle encore à quelque chose ?