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10 mars 2014- Une combinaison de deux antirétroviraux, la rilpivirine et le nouveau inhibiteur de l'intégrase GSK744 s'est avérée au moins aussi efficace qu'une trithérapie standard comprenant deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI ) plus l'efavirenz dans le maintien de la suppression virale de l'étude LATTE (Long-Acting antiretroviral Treatment Enabling study), un essai multicentrique de phase IIb présenté au cours des travaux de la dernière Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes ( CROI ), qui s'est tenue récemment à Boston.

La combinaison de la rilpivirine et du GSK744 a été évaluée comme traitement d'entretien, après avoir traité pendant 6 mois les participants avec une combinaison de deux INTI plus le GSK744 pour atteindre une charge virale inférieure à 50 copies / ml d'ARN du VIH. A la base de cette stratégie il y a le fait que, dans certains essais, il a été observé un plus grand risque d'échec précoce de la thérapie avec des combinaisons à base de rilpivirine chez les patients ayant une charge virale élevée ( plus de 100 000 copies / ml ), pour lesquels les auteurs ont choisi de ne pas commencer la combinaison des deux médicaments avant que les participants à l'étude n'avaient pas déjà atteint la suppression virale.

Le GSK744, développé par Glaxo Smith Kline est un inhibiteur de l'intégrase similaire au dolutégravir caractérisé par une demi-vie d'environ 40 heures pour la formulation orale et même de 40 jours pour la formulation injectable ( voie sous-cutanée ou intramusculaire). Cette dernière a été la protagonoste d'une autre présentation lors du congrès qui a suscité un grand intérêt, car elle démontre qu'avec une telle formulation on pourrait faire la prophylaxie pré-exposition (PrEP ), et ainsi prévenir l'infection avec une seule injection par mois.

L'étude LATTE est une étude randomisée, partiellement en aveugle, de dose-ranging, dans laquelle ont participé 243 patients naïfs au traitement avec une charge virale ≥ 1000 copies / ml et un nombre de CD4 ≥ 200 cellules/mm3.
96 % étaient des hommes, 38 % n'étaient pas de race blanche et 16 % avaient une charge virale initiale supérieure à 100 000 copies / ml, tandis que le nombre moyen de CD4 à la base était de 410 cellules/mm3.

Les participants ont été divisés en quatre groupes et pour les 6 premiers mois, tous ont été traités avec la combinaison des deux INTI ( ténofovir / emtricitabine dans 69% des cas ou abacavir / lamivudine chez 31 % ) et le troisième médicament était soit l'éfavirenz ou l'une des trois doses différentes de GSK744 testées ( 10, 30, ou 60 mg ) .

Si, après 6 mois, les participants avaient une charge virale inférieure à 50 copies / ml dans les trois groupes traités dès le début également avec le GSK744 les deux INTI ont été remplacés par la rilpivirine ( 25 mg ), tandis que celui traité avec l'éfavirenz a continué à prendre les deux INTI, maintenant ainsi inchangée le traitement initial.

Les résultats présentés à la CROI se réfèrent aux 48 premières semaines de l'étude (24 avec la thérapie d'induction et 24 avec celle d'entretien ). L'essai a cependant, a une durée prévue de 96 semaines et les résultats finaux seront présentés l'année prochaine.

Après 24 semaines, 87% des participants des trois groupes traités avec deux INTI et le GSK744 ( 160 sur un total de 181 ) avaient une charge virale inférieure à 50 copies / ml, avec des pourcentages de suppression virale pratiquement identiques entre les trois doses, par rapport à 74% des patients ( 47 sur 62) du groupe traité avec l'éfavirenz. Chez les patients des trois groupes traités avec le GSK477, les deux INTI ont été remplacés par la rilpivirine. Les patients ayant une charge virale indétectable qui ont participé à la phase suivante de l'étude, celle du traitement d'entretien, étaient par conséquent, 207.

Après 48 semaines, 82 % de tous les participants qui avaient commencé le traitement avec le GSK744 ( y compris les patients qui ont arrêté après les 24 premières semaines ) et 71 % de ceux du groupe éfavirenz présentaient une charge virale inférieure à 50 copies / ml, mais la différence de 11 % n'est pas statistiquement significative en raison des nombres de participants relativement peu élevés. La différence a été déterminée uniquement par la suppression virale plus basse avec l'éfavirenz au cours des 24 premières semaines.

Les pourcentages de réussite plus faibles pour l'éfavirenz au cours des 6 premiers mois ont dépendu en grande partie sur les perturbations causées par la toxicité, en particulier les effets secondaires neuropsychiatriques bien connus de ce médicament. Les abandons dus à la toxicité après les 6 premiers mois de traitement était de 13% dans le bras efavirenz par rapport à 3 % dans l'ensemble des trois bras GSK744 tenant compte des abandons dus à l'échec virologique, les pourcentages correspondants étaient de de 21% avec l'éfavirenz et 8 % avec le GSK744.

Le seul effet secondaire significativement plus fréquents avec l'inhibiteur de l'intégrase expérimental était les maux de tête, dans la plupart des cas légers ( 22 % avec le GSK744 contre 11 % avec l'éfavirenz ) et n'a jamais été responsable de l'abandon de l'étude.

Bien que les données sont maintenant nécessaires à plus long terme, concluent les auteurs, ces résultats sont déjà suffisants pour justifier une expérimentation de formulations injectables de rilpivirine et de GSK744 comme traitement d'entretien.