montpellier

26 avril 2015

En termes de lutte contre le sida, l'espoir vient de Montpellier. Une équipe de l'Institut de génétique moléculaire, organisme placé sous la houlette du CNRS et de l'Université de Montpellier, a mis au point le premier candidat médicament pour les patients atteints par le virus du VIH. C'est une véritable révolution, pour cette maladie dont les premiers signes remontent aux années 1970, et qui concernait quelque 150.000 personnes en France en 2014, dont 50.000 ne le savaient pas, et n'avaient aucun suivi médical. Dans le monde, 1,5 million de personnes en sont mortes en 2013.

La molécule poursuit son effet, même après l'arrêt du traitement
Treize ans de travaux auront été nécessaires à l'équipe de Jamal Tazi pour découvrir une molécule (l'ABX464) qui, administrée aux malades du sida, bloque le virus de façon prolongée, et l'empêche d'agir. Et c'est là que ce traitement pourrait être révolutionnaire: alors que la trithérapie classique n'agit plus lorsqu'elle n'est plus prise, le projet de médicament mis au point à Montpellier poursuivrait son effet, même après l'arrêt du traitement. «L'avantage considérable de ce traitement, c'est de pouvoir traiter le patient pendant une courte durée, arrêter le traitement, et de ne pas voir le virus réapparaître, note Jamal Tazi, à l'origine de la découverte. Il est capable d'aller vers les cellules qui ont déjà le virus, et de stopper sa production.»

Pour Jacques Reynes, professeur spécialiste des maladies infectieuses au CHU de Montpellier, si cette molécule constitue un véritable espoir, «on ne peut pas encore parler de guérison. Mais cela peut nettement simplifier le traitement.» Avant une éventuelle mise sur le marché d'ici trois ans, des essais vont être effectués à partir de cet été sur des personnes atteintes par le virus du VIH.

 

http://www.20minutes.fr/montpellier/1595615-20150426-montpellier-nouveau-traitement-contre-sida