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Tout le monde (ou presque) sait qu'avec les nouvelles thérapies antirétrovirales le vih est devenue une maladie chronique. I'important est de maintenir une bonne observance du traitement médicamenteux (observance du traitement), chose qui n'est pas toujours facile pour les maladies chroniques. Le risque d'interrompre ou de prendre la HAART en mode discontinu mène inévitablement à une aggravation de la maladie.

Parmi les facteurs de risque d'une diminution de l'observance du traitement  on doit tenir  compte de l'abus d'alcool, des drogues et de la dépression.

Statistiquement, il est démontré qu'en 2020 la dépression sera la deuxième cause d'invalidité après les maladies cardiovasculaires dans la population générale.

Pourquoi est-il très important de rester vigilant sur la survenue de la dépression chez les patients séropositifs?

Parce que la dépression se manifeste souvent au cours des maladies et ne pas la diagnostiquer et la traiter aggrave le pronostic des pathologies organiques.

La dépression agit sur la réponse immunitaire (les patients déprimés ont une réduction de l'activité des Natural Killers et de la lymphopénie) et donc sur l'infection à VIH.

-Elle diminue l'adhésion au traitement

-La dépression est responsable de la hausse de la mortalité dans la cardiopathie ischémique

-La dépression peut augmenter le risque de cardiopathie coronarienne

Le stress de vivre avec une maladie chronique peut causer la dépression, mais la dépression peut aussi être causée par l'effet de nombreux médicaments ( et aussi par l'effet de certains antirétroviraux ).

Subsiste ensuite le problème de la dyslipidémie au cours du traitement HAART, qui, ajouté à l'évolution normale du cholestérol et des triglycérides due  l'avancement en âge et l'apparition de diabète de type 2 entraîne un risque accru de maladie coronarienne. Comme indiqué précédemment, il y a une incidence augmentée de la dépression après les événements cardio-vasculaires.

Même le facteur âge a à voir avec l'apparition de la dépression chez de nombreux individus, aen avançant dans l'âge on assiste à de nombreuses pertes: celle des parents, des amis, de santé, de beauté et des prouesses physiques, de statut social (dans la société occidentale le vieux, le retraité, compte peu par rapport à quand il était en activité), les pertes économiques etc... Tout cela rend l'individu plus à risque de développer une dépression.

La dépression est souvent sous-estimée et sous-diagnostiquée même par le personnel médical qui tend à la justifier par des phrases du genre "le pauvre, avec tout ce qu'il a subi", comme si une maladie, par le seul fait d'en comprendre les causes qui l'ont déclenchée exonèrait les soins.

Sur la base de ce que qui a été dit jusqu'à maintenant, il est important de savoir, pour les patients et ses proches, à quels symptômes nous devrions faire attention pour ne pas sous-évaluer la dépression:

- La Tristesse

- Le manque de plaisir pour les choses qui habituellement faisaient plaisir

- La culpabilité

- La perte de l'activité sexuelle

- La perte d'espoir

- L'apathie et la perte d'énergie

- Les pensées de mort

- Perturbation de l'appétit (avec une augmentation ou une diminution du poids corporel )

- Troubles du sommeil: insomnie ou hypersomnie ( dormir peu ou dormir trop )

- Perte de concentration et de mémoire par inattention

- L'indécision

- Agitation ou ralentissement psychomoteur

- Sentiment d'impuissance ou d'insuffisance

Si  4 ou 5 de ces symptômes persistentent depuis plus de 2 semaines parlez-en simplement à votre médecin traitant qui évaluera la nécessité de vous envoyer chez un psychiatre spécialiste.

Surtout ne pas en avoir honte parce que la dépression est un trouble de l'humeur qui ne dépend ni du caractère ni de la personnalité, de l'intelligence ou la force de la volonté. Être déprimé et aller chez le psychiatre n'équivaut pas à être fou, ne pas y aller c'est un préjudice qui retarde le début du traitement et peut entraîner des conséquences irréparables.

A la famille et aux amis des patients déprimés il est suggèré  d'éviter l'erreur de dire "essaye de réagir"  ou " tu ne manque de rien ".  La dépression comporte, comme on peut le voir dans les symptômes listés, une extrême difficulté pour effectuer les activités normales quotidiennes. Il est difficile de rester à proximité d'un déprimé, on ne sait pas comment l'aider: Il suffit de lui rester proche et qu'il sache qu'il peut compter sur vous. S'il passe la journée dans le noir, au lit  et se lève en fin de journée et peut-être sort, ce n'est pas qu'il est en train d'en profiter pour ne rien faire, le cours naturel de la dépression comporte ces rythmes, ils sont pires le matin et s'amèliorent le soir.

Les autres erreurs courantes sont:

- Je prends déjà tant de médicaments...comme si soigner  la dépression était une option

- L'antidépresseur rend dépendant: c'est faux, c'est les anxiolitiques qui rendent dépendant

 
- L'antidépresseur modifie la personnalité: c'est faux

- L'antidépresseur donne un faux bonheur: c'est faux

L'antidépresseur est curatif, alors que l'anxiolytiques est symptomatique. C'est  l'équivalent d'avoir un abcès à une dent, l'antibiotique est curatif  tandis que l'analgésique est symptomatique. L'antidépresseur n'est pas un ennemi, il est un allié dans la lutte contre mal obscur, qui est le véritable ennemi.

Quelques règles de la vie pour échapper à la dépression:

Alimentation régulière et variée ( manger une banane de temps en temps est une bonne chose car  riche en tryptophane, précurseur de la sérotonine qui régule l'humeur )

-Jogging matinal jusqu'à 20 minutes (pas le soir cela peut causer l'insomnie). Comme alternative au jogging, si vous n'êtes pas entraîné, une marche rapide)

-Bains de lumière naturelle, ne pas rester dans l'obscurité

-Ne pas prendre des décisions importantes lorsqu'on est  déprimé

Enfin, n'oubliez pas qu'on peu sortir d'une dépression avec un traitement adéquat.