je suis grec

25 juillet 2013- Le gouvernement grec a décidé de rétablir le test obligatoire du vih pour ceux qui sont interpellés par la police, même pour les contrôles de routine. La nouvelle est passée presque inaperçue, mais en Grèce, et pas seulement, la reprise de cette règle déjà en place dans le passé, a généré un tollé.

En effet, ce genre d'action met entre les mains de la police une nouvelle « arme », qui, quand elle était auparavant en vigueur a fait que les "suspects" étaient détenus pendant des mois jusqu'à ce qu'ils soient finalement absous de l'accusation de « lésions physiques préméditées » contre la population.

Adonis Georgiadis, d'extrême droite, nominé ministre de la Santé le 25 juin dernier, a réintroduit cette mesure dès le lendemain de sa nomination.

A être ciblées sont en particulier ceux qui font partie de ce qu'on appelle les "populations à risque" à savoir les prostituées, souvent les immigrés et les SDF, accusés de crime et la transmission intentionnelle du virus, ou pour la contamination résultant d'une protection insuffisante.

Une augmentation des contaminations a été effectivement observé en Grèce depuis le début de la crise, dans son rapport de 2012, leCentre pour le Contrôle des maladies et la Prévention (KEELPNO) a souligné que dans le courant de 2012, 1.180 cas d'infection par infection par le VIH ont été signalés. Le rapport a également annoncé que la prévalence du virus a augmenté de 22% entre 2011 et 2012, et de 58% entre 2010 et 2011.

Judith Sunderland, chercheuse à Human Rights Watch, a commenté ainsi le choix du gouvernement grec:

"La décision prise par le nouveau ministre de la santé est très préoccupante et viole les droits des populations vulnérables et stigmatisées. Un tel choix a déjà montré l'effet contre-productif qu'il peut produire sur la santé publique. Si le gouvernement a vraiment la volonté de lutter contre vih et d'autres maladies infectieuses, il devrait se concentrer sur l'accès aux soins de santé et à l'information publique".