Peter Duesberg
Par Silvia B.

Il ya des gens prêts à jurer que l'homme n'a jamais été sur la lune et que tout ce que nous avons vu, y compris le direct de la nuit de 1969, est le fruit d'une escroquerie gigantesque.
Il y a aussi ceux qui affirment, avec des preuves photographiques que Elvis Presley, Jim Morrison, Marilyn Monroe, James Dean, etc, ne sont pas morts et qu'en dépit des nouvelles publiées dans les journaux, ils sont bel et bien vivants.
Chacun est libre de croire ce qu'il veut et de le raconter aux autres.

Il y a la liberté de pensée et donc si on veut imaginer un très vieux docteur Mengele caché dans une villa construite au milieu de la forêt amazonienne comme dans le roman de Ira Levin, nous sommes libres de le faire.
Mais jusqu'où peut-on aller avec la fantaisie sur des événements réels et donc hors des pages d'un roman?
Surement jusqu'à ce que nos affirmations ne nuisent pas à la santé des autres.

Les théories négationnistes nuisent-elles à la santé?
Si nous regardons les faits que tous pouvons connaître, parce que rendus connus par la presse, il suffit de regarder ce qui est arrivé à la fille de Christine Maggiore, négationniste notoire VIH + qui a refusé de prendre des antirétroviraux pendant la grossesse.
Née séropositive, sans traitement, n'a pas été en mesure de surmonter une pneumonie et en est morte.
Le même sort a été réservé à Christine, quelques années plus tard, parce qu'elle a continué à refuser les médicaments.

Etre négationnistes et séropositifs c'est comme sauter sans parachute.
Parce qu'il est facile de l'être sans être personnellement impliqué, sans rien risquer, si ce n'est le remords d'avoir convaincu de ne pas se soigner.
Le cas de Christine Maggiore n'est pas le seul, et pourtant on meurt du négationnisme sans finir dans les journaux ou le web.
Mais les négationnistes évitent de répondre aux questions sur les morts suite au refus thérapeutique.
Beaucoup trop de personnes positives au vih sont éblouies par ces théories et refusent les antirétroviraux.

Mais le VIH, s'il n'est pas traité tue: il peut mettre des mois, ou des années, durant lesquelles on vit normalement, il peut n' y avoir aucun symptôme et être surtout convaincu de se sentir bien, si bien que l'on fait pas de suivi médical par peur d'être trompé par une sorte de complot ...
Jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

Cette vérité n'est pas la mienne, ou celle d'un journal ou d'un site web.
Cette vérité est soutenue par l'OMS, par la médecine officielle, par les associations mondiales de personnes atteintes du VIH, etc...

Pour les négationnistes, c'est une arnaque qui a pour seul but de vendre des antirétroviraux.
Sûrement une théorie alléchante pour ceux qui n'acceptent pas la maladie et ont peur d'avoir à prendre des médicaments dans le futur et à vie.
N'importe quel malade chronique serait ravi de découvrir que sa maladie n'existe pas et qu'il ne doit donc pas la traiter avec des médicaments qui peuvent ruiner la qualité de vie et donner des effets secondaires.
Encore plus heureux si on lui promet que le corps se soigne par lui-même, qu'il suffit simplement d'une bonne alimentation et qu'il suffit de ne pas y penser.
Une merveille!

J'ai commencé à surfer sur le web en 2001, et il y avait déjà des négationnistes.
Avec des sites décrépits plein d'informations sur les anciens médicaments, leur préféré, leur "passion" étant l'AZT, des informations postérieures à 1996-1998, ou avec des blogs personnels de soi-disant médecins et chercheurs en quête d'un appui institutionnel qui n'est jamais arrivé .... Qui sait pourquoi ...?!
Aujourd'hui ils ont clairement atterri sur Facebook et ont masqué masqué leur identité avec une page qui semble traiter l'information sur le VIH, afin d'attirer les gens à cliquer sur "J' aime'.... mais qui en réalité veut dire "le VIH ne cause pas le sida"

J'ai cherché sur un peu sur cette page pour comprendre ce qu'ils disent et ce que ces personnages cherchent. Naturellement, je me base sur certains posts qui peuvent avoir été supprimés entre temps, mais le "jus" de leurs paroles reste.

D'abord ils affirment que le VIH n'existe pas et que le VIH n'est pas la cause du SIDA, et qu'il est plutôt "un symptôme"(!).

Je me souviens quand il m'a été diagnostiqué, en 1987, le virus détecté par le test (qui n'est pas un test anti-VIH comme ils l'indiquent sur leur page, mais un test VIH, le mot "anti" je ne sais pas où ils ont allé le pécher !) s'appelait HTLV3 et seulement après l'acronime a été changé en VIH.
Donc, si la diatribe ne porte que sur le nom, appelons-le MisterH et résolvons le problème.
Qu'est ce que ça change du point de vue du patient? Rien.

Avançons...
Que cela soit un symptôme du sida et non la cause est plutôt ridicule.
Les personnes, si elles sont positives au test n'ont pas le SIDA, elles sont séropositives.
Donc, c'est tout simplement ridicule de soutenir le contraire, à savoir que le VIH ou Mister H soit un symptôme ...
Je suis séropositive depuis plus de 20 ans, mais je n'ai pas le SIDA. La maladie n'est pas déclarée justement grâce à ces thérapies qui, selon les négationnistes auraient dû me tuer.

Quoi qu'il en soit avançons dans ce tour surréaliste.

On peut lire ces déclarations: N'as-tu jamais vu quelqu'un qui ne prend pas les médicaments et qu'il se porte bien? As-tu déjà vu quelqu'un qui ne se soumet pas au dépistage du VIH et qui se porte bien? As-tu déjà vu quelqu'un jamais qui même testé positif au vih, ne fait pas d'examen pour les CD4 et charge virale présumée et qui se porte bien? ... N'as-tu jamais vu quelqu'un qui ne prend pas les médicaments avec 30 CD4 et se porte bien? N'as-tu jamais vu quelqu'un qui a arrêté de prendre des médicaments et qui se porte bien? Moi oui.

Partons de la deuxième question. Certes, si une personne ne se soumet pas au test, elle va bien, elle peut très bien ne jamais avoir été en contact avec le virus et donc aucun problème, si elle faisait le test, il serait négatif.
Mais elle aurait pû être en contact avec le virus sans encore le savoir, parce qu'il pourrait bien n'y avoir aucun symptôme et ira bien jusqu'à ce que ses défenses immunitaires seront suffisamment fortes, il y aura ensuite un affaiblissement progressif.
En ce qui concerne les autres questions, nous sommes toujours là: on peut rester bien pendant des années ou tomber malade en deux mois.
A ces questions, je peux répondre que j'ai vu exactement le contraire de ce qu'ils affirment.

Avançons et au milieu d'une série de questions rhétoriques sur la stigmatisation, les délits avec une seringue et les chasses au contaminateur, on ne comprend pas ce qu'ils viennent faire avec leurs théories, lisons ceci: As-tu vu le personnel hospitalier suite à une contact direct entre le sang d'un "infecté" et le leur ne sont jamais devenus séropositifs ni morts du sida? Nous oui
Eux oui? Mais quelle découverte du siècle, le VIH a un très faible pourcentage d'infection, heureusement, il n'est donc pas si facile de s'infecter. La documentation démontre, cependant, 111 séroconversions dans le milieu «professionnel» (médecins, infirmières, etc...) et 233 autres cas documentés possibles.

En poursuivant, on peut lire que le virus n'existe pas parce qu'il n'a jamais été isolé.
Évidemment, toutes les photos prises au microscope électronique du virus que l'on trouve sur les sites médicaux à travers le monde sont des contrefaçons. Nous ne sommes pas sûrs, dans notre ignorance en microbiologie que la photo soit le VIH. Bien.
Nous pouvons également y croire vu qu'avec un programme avec des graphismes et des animations il est possible aussi de créer quelque chose comme un virus avec des tentacules, des yeux verts et lui faire danser le hip hop.
Puis sicèrement combien d'entre nous ont eu la varicelle ou la rougeole étant petit?
Pendant que l'on s'écorchait à force de se gratter aurions nous fait la différence entre voir la photo ou savoir si quelqu'un l'avait isolé?
Je ne crois pas.

Ensuite nous lisons que les personnes séropositives qui ont cessé de consommer de l'héroïne se portent bien sans avoir besoin de médicaments.
Celle-ci est bien bonne ... même si ce "portent bien" on ne comprend ce à quoi il se réfère.
Elles se sentent bien parce qu'elles n'utilisent pas les drogues? Cela est évident.
Elles se sentent bien, parce que selon eux l'héroïne est la cause du sida? C'est de la science-fiction!
Et celles qui n'ont jamais consommé d'héroïne, on les met où?
Où mettons-nous les personnes vivant avec le VIH depuis longtemps, non pas avec le sida, qui prennent des antirétroviraux et n'ont jamais utilisé des drogues?
Du point de vue des négationnistes elles vont très mal parce que les médicaments les tuent ....
alors que ces médicaments nous ont sauvé la vie et continuent à la sauver.

Je ne veux pas défendre l'industrie pharmaceutique.
Ce sont des entreprises et leur intérêt est d'augmenter les ventes.
Toujours en quête de nouveaux clients, de nouveaux malades potentiels, en lançant des nouveaux produits, même inutiles, mais qui favorisent le bien-être.
Mais ici nous parlons de sauver des vies, pas de crèmes contre la cellulite ou multivitamiques.

Toujours sur la page des négationnistes nous trouvons également un autre indice qui fait réfléchir, on peut lire:
Au lieu de suggérer à un malade du SIDA une thérapie détoxifiante et stimulante pour le système immunitaire, ils leur donnent des substances à la toxicité incroyable aux funestes résultats.

Ecoute, écoute .... pas de rétroviraux, parce qu'ils coûtent cher à la collectivité, mais oui à d'autres thérapies, même si elles ne sont pas remboursables et sont à la charge patient.

Résumant sur leur page nous trouvons un mélange de préjugés, de vieilles nouvelles, des phrases inquiètantes telles que "ils croient que le VIH existe et ainsi ils continuent à faire des dégâts" et ajoutent pour finir le préservatif pour montrer leur sérieux et montrer qu'ils sont préoccupés par les MST.

Un mélange qui, s'il fait rire dans son absurdité générale, fait toutefois trembler si on creuse profondément le but réel du négationnisme.

Ils veulent convaincre les personnes séropositives de ne pas se soigner... ainsi ils arrêteront de faire des dégâts.
Plus éloquent que cela, tu meurs.